Communication parents-ado

L’adolescence

En entrant de plein pied dans l’adolescence, le jeune se trouve projeté au coeur de ce qu’on peut appeler une «tempête développementale». En effet, durant un laps de temps variant de six à sept ans, celui-ci voit son corps se développer, acquérir les caractéristiques de son sexe et commencer à ressentir les pulsions sexuelles avec lesquelles il doit composer. Ses capacités intellectuelles s’accroissent de 30% et son sens critique se développe grâce à l’apparition de la pensée formelle qui permet de raisonner de façon abstraite. Avec cette nouvelle aptitude, le jeune peut porter un regard plus critique sur le monde des adultes et il ne s’en prive pas! C’est à ce moment que l’adolescent commence à «dé-idéaliser» son parent en se permettant de souligner les contradictions entre ce que celui-ci dit et ce qu’il fait: «Tu me dis de ramasser mes affaires, mais toi tu ne le fais pas!» Période difficile pour le parent mais nécessaire afin que son jeune puisse créer sa propre personnalité.

Particularité de la communication parent / adolescent

La communication parent / adolescent est très particulière en raison des nombreux éléments dont vous devez tenir compte dans votre façon de communiquer. Dans un premier temps, cette forme de communication met en présence des gens qui partagent un lien de sang et qui vivent ensemble tous les jours depuis au moins dix ans. La durée de cette intimité fait en sorte que les deux parties ont moins tendance à prendre des précautions pour se respecter mutuellement et, qu’en cas de conflit, on pourra facilement faire allusion à des événements passés pour blesser l’autre. Le rôle de chacun doit être bien défini: le parent est un modèle, un leader et un guide alors que le jeune doit accepter qu’il n’y ait qu’un chef et chercher à profiter de l’expérience de son parent. En tant que parent, nous devons toujours avoir en mémoire qu’il est normal que notre relation avec notre jeune ait des hauts et des bas en raison des ajustements indispensables aux changements qui surviennent durant l’adolescence.

Quelques règles pour échapper à la pure réactivité

Lorsque l’adolescent cherche à communiquer verbalement avec l’adulte. il est important que ce dernier se rendre psychiquement disponible en s’inspirant des conseils suivants :

a) Ecoutez l’adolescent avec bienveillance. Trouvez un endroit calme et mettez-le à l’aise. Laissez-le parler sans l’interrompre, même si son discours est confus ou contradictoire. N’oubliez pas qu’il s’agit certainement pour lui d’un exercice difficile et qu’il a peut-être besoin de penser à voix haute pour structurer la production de ses idées.

b) Limitez au maximum vos réactions non verbales ( attitudes, regards, etc. ) car l’adolescent va être très sensible à l’effet de son discours sur vous et sera à l’affût des effets perceptibles de ce dernier ( évitez ainsi tout geste d’agacement perceptible qui pourrait mettre rapidement fin au dialogue).

c) Ne jugez pas trop rapidement ce qu’il dit. Demandez-lui de reformuler au besoin certains points si vous pressentez que ces derniers vont être des sources de conflit. Abstenez-vous absolument de vous moquer de lui ou de juger sa personne à travers son discours. Rappelez-vous qu’une des règles de base de la communication est de se prononcer sur ce qui est dit et non sur la personne qui le dit.

d) Exprimez votre opinion de manière adulte et nuancée. Mettez-le en confiance. Tentez d’exprimer tout d’abord les points positifs ou pouvant donner lieu à une négociation et exprimez vos sentiments de manière nuancée.

e) Ne tentez pas à tout prix de le convaincre mais exprimez votre point de vue en argumentant les raisons de ce dernier ( excluez absolument de répondre à l’excès par l’excès et à la provocation par la violence. ) Rappelez-vous que l’adolescent recherche une attitude adulte de votre part.

f) Bannissez de votre discours les arguments d’autorité qui sont souvent perçus par l’adolescent comme la mise en oeuvre d’un simple rapport de force. Ayez le souci que le dialogue débouche sur une solution sans perdants.

Monique HADDAD
Conseillère à l’institut Matsliah

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